Patricia Louis
"Jeunes et politique Un débat comme les grands"
Les jeunes sont venus nombreux, à l'invitation du Copeci (collectif pour l'égalité et la citoyenneté) écouter les responsables de différents partis. Ils ont tordu le cou à une idée reçue : ils ne sont pas apolitiques.
« Quand on est fils ou petits-fils d'ouvrier, on n'a pas envie d'être ouvrier. On veut un peu mieux. Je ne trouve pas que le système de formation est inadapté. Le problème c'est surtout que l'on ne veut pas nous donner le boulot, même si on a les diplômes ».
Cri du c½ur d'un intervenant à qui Laurent Bourquin, responsable de l'UDF dans le pays de Montbéliard et candidat aux législatives dans la troisième circonscription, explique qu'il y a une inadéquation de l'appareil de formation et qu'il y a des postes non pourvus, notamment des postes de bouchers. « Et si on n'a pas envie d'être boucher », renchérit un jeune diplômé.
Sur le thème de l'emploi et du chômage, les intervenants des partis politiques sortent les programmes de leurs aînés. On y retrouve pêle-mêle des propositions pour une filière complète sur les énergies renouvelables défendues par Julien Bourgeois des Verts, l'interdiction de licencier préconisée par François Portal de la Ligue communiste révolutionnaire ou la possibilité de faire des heures supplémentaires avancée par Damien Fremy pour l'UMP. Et enfin les taxes plus lourdes sur les entreprises du CAC 40 qui font des bénéfices, proposition avancée par Pierre Bérard du PCF.
Il est également question du CV anonyme pour décrocher un emploi en franchissant une première barrière. L'auditoire ne semble pas convaincu. Pas plus que lui semble pertinente l'idée de faire chanter la Marseillaise dans les écoles pour favoriser l'intégration.
Ce n'était pas la politique expliquée aux nuls. Loin de là. Vendredi soir au centre médico-social de la Chiffogne, malgré quelques aléas techniques (la Ville de Montbéliard n'ayant pas fourni de sonorisation), les organisateurs du Copeci ont eu l'agréable surprise de voir une salle attentive, venue davantage chercher des réponses à des interrogations précises que s'informer sur ce qu'est la vie politique.
Ton bon enfant
« Les jeunes qui sont là ont déjà une idée précise pour qui ils vont voter », constate Joseph Parrenin, prétendant socialiste au fauteuil de député sur la troisième circonscription. « Nous, nous avons du mal à faire venir des jeunes dans nos meetings », reconnaît une élue. « Peut-être qu'ils se méfient des partis », lance un troisième responsable politique.
Les jeunes en politique, c'est un peu, beaucoup comme les moins jeunes... Ils n'évitent pas toujours la langue de bois, ni les coups de griffe à l'adversaire. Sandrine Vuillaume du Mouvement des jeunes socialistes, doit monter au créneau à quelques reprises pour défendre Ségolène Royal. Damien Fremy de l'UMP n'a pas pu s'empêcher d'égratigner son voisin de l'UDF. « Il nous pique nos idées » s'énerve-t-il.
Mais dans l'ensemble, le ton est plutôt bon enfant.
Pari réussi pour le Copeci qui a réussi sa soirée d'information sur les partis politiques. Aprèsavoir convaincu les jeunes d'aller s'inscrire sur les listes électorales.
P.L 28/02/2007
Est Républicain
« Quelles différences ? »
Le collectif pour l'égalité et la citoyenneté (COPECI) invite, ce soir, de jeunes représentants de partis politiques à un débat. Objectif : éclairer les jeunes citoyens sur les projets des partis.
« J'ai interrogé mon entourage cette semaine. J'ai demandé : Est-ce que vous savez pour qui vous allez voter ? La plupart disent qu'ils ne pensent pas à la politique ou qu'ils n'ont pas connaissance des projets. Il était donc de notre devoir de les aider en leur proposant une grille de lecture.» raconte Nabil KEBBABI, étudiant à Montbéliard.
Nabil KEBBABI est adhérent et militant au sein du COPECI (Collectif pour l'égalité et la citoyenneté). Comme d'autres, il a envie de comprendre ce qui se joue de son avenir à travers les campagnes électorales qui vont agiter le pays, jusqu'en juin. Envie simplement de pouvoir choisir qui portera le mieux ses aspirations.
« Dans le cadre de l'élection présidentielle, on a beaucoup travaillé sur les inscriptions sur les listes électorales. On a dit aux jeunes de s'inscrire. Ensuite, on s'est dit qu'il serait intéressant de les accompagner dans leur choix. O n veut que ces jeunes puissent entendre les partis sur leurs projets », c omplète Jamel Kebbabi, autre représentant de ce collectif citoyen né avec le XXIe siècle.
L'idée était lancée. Ne restait qu'à convaincre les partis politiques de se prêter au jeu d'une rencontre avec des jeunes d'horizons divers.
C'est désormais acquis, six formations, au moins, délégueront un militant ce vendredi au centre médico-social de la Chiffogne pour répondre à l'invitation de COPECI.
L'ultime réunion préparatoire s'est déroulée mercredi soir. Patrick Gesell (UDF), Thomas Golle (jeunes populaires-UMP), Sandrine Vuillmaume (Jeunes socialistes), Vincent Adami (Gauche anti-libérale), un porte-parole des Verts et de la LCR ont accepté de se plier aux règles du jeu définies avec l'association.
Trois thèmes
« Nous n'avons pas reçu de refus catégorique des partis. Mais le MPF n'a pas de jeune militant sur la région. Quant au FN, ils disent qu'ils ne peuvent pas parce qu'ils sont très mobilisés sur l'histoire des signatures. C'est dommage, beaucoup de gens auraient été intéressés », résume Jamel Kebbabi, qui insiste sur la neutralité de la démarche.
Ils espèrent remplir la salle. Chaque parti sera prié de développer ses idées autour de trois thèmes imposés. Les mêmes pour tous : emploi et chômage, discriminations, démocratie et citoyenneté. Tous seront ensuite soumis aux questions de la salle.
Autre angle intéressant, les adhérents de COPECI ont invité de jeunes militants politiques pour décoder les options de leur parti. Thomas Golle, à 17 ans sera le benjamin de cette tribune. Son aîné, Patrick Gesell (44 ans) ne s'est engagé à l'UDF que depuis deux ans. Ils sont là pour transmettre l'envie : « si les jeunes ne s'occupent pas de la politique, c'est la politique qui s'occupera d'eux », assure Vincent Adami, étudiant et représentant de la candidate Buffet. « Les jeunes se sentent coupés de la politique. Ils ne sont pas toujours écoutés et pourtant, ils ont des choses à vivre », estime Sandrine Vuillaume (Jeunes socialistes) qui dit avoir franchi le pas de l'engagement après le 21 avril 2002.
« Vous devrez être le plus simple et le plus clair possible », les prévient Jamel Kebbabi.
La soirée se terminera pas un sondage « sorti des urnes », précise David Zumbiehl, adhérent de COPECI, gardien de la Paix dans le civil. Un isoloir et des bulletins de vote seront ainsi mis à la disposition du public pour simuler une élection, à l'issue des échanges. Début du débat : « quelles différences ? » à 20 heures.
Olivier BOURAS
23/02/07


